Renouveau et continuité : TRACE 88

L'association TRACE regourpe un nombre conséquent de graveurs français et vivant en France ; un de ses objectifs est la mise place des échanges entre pays durant ses biennales. Cette année, les pays invités sont la Corée du Sud, la Grande-Bretagne, la Hollande. Plus de 300 gravures dues à 73 exposants vont animer les locaux du FIAP : estampes de grandes dimensions (raisin, jésus…) ou plus modestes.

 

                     Parmi les présents, deux invités d'honneur : Topor et Decaris. Les œuvres d'Anita Ford, anglaise, sont des compositions pleine page, contrastées, au sein desquelles le signe pictographique prend une pleine force. D'après les chants de Salomon, œuvre de Jacobs, lui aussi sujet britannique, donne des noirs et blancs intenses qui évoluent en trames gravées.
                     Les sept représentants coréens partent de l'abstraction géométrique pour exprimer leur approche calligraphique. Youn Nyeung-ro accroche des fragments et lambeaux de caractères à ses œuvres rupestres.
                     Les artistes hollandais mêlent précision et préciosité dans leurs natures mortes et paysages de plaines et de bois, traduits en cuivre, eau-forte en majorité.
                     Gea Karhof avec " Godenreeks " passe en revue une frise égyptienne, à l'égal des anciens papyrus ; au registre inférieur, un gaufrage monochrome reprend un détail de l'ensemble traité en couleurs. L'un des " habitués " de la biennale dont l'on revoit - encore et avec autant de plaisir !- les œuvres : Alfonso Silva. Barrientos et William Gomez livrent au bois et au cuivre leurs fureur et brutalité créatrices, tandis que Popiel donne dans une linogravure, " Noble composition ", une suite de personnages dérisoires que ne renirait pas Topor.                     
                      Au règne des objets, Jacquelin et Sosolic rappellent, néobaroquisme oblige, que la perfection formelle d'un objet, fut-il modeste, emplit tout un univers. Thème anodin encore, avec les " Elus " de Jean-Marcel Bertrand, dont les bois de bout ne sont pas dépourvus d'humour.
                     Les paysages imaginaires de Mathieux Marie, " Sierra ", et Robert Aymé, " Paysage non ordinaire ", nous ramènent au brio de Doré ou John Martin. Un " atmosphériste ", Valério Cugia, traduit toute la douceur de la pierre des " Palais romains " lithographiés.

 

Approches et niveaux différents, phénomène " normal ", si l'on sait que Joëlle Serve, présidente de l'Atelier 63 et directrice de TRACE, souhaite présenter de jeunes talents en émergence avec des artistes confirmés. Un ensemble d'œuvres sont reproduites dans le catalogue de 120 pages, illustré qui permet de connaître mieux chaque artiste présent.

Christophe Comentale.

 

 

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