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L'eau forte

L'eau-forte est une technique privilégiée pour les artistes qui ont un tempérament plutôt pictural. En effet, dès qu'il y a intervention d'acide sur la plaque, il s'agit d'eau forte. L'eau-forte est le nom ancien de l'acide nitrique. Cet acide mord le métal là où le vernis a été dégagée par la pointe.

La morsure de la plaque de cuivre ou de zinc, la plupart du temps à l'acide nitrique, peut exprimer des tempéraments totalement opposés, car les possibilités techniques sont infinies. Par exemple, certaines morsures peuvent correspondre à un travail uniquement aux traits nets, précis et d'une grande finesse, ou alors, à un trait incisif et vigoureux ; Mais cette attaque à l'acide peut exprimer un travail par tache avec des intensités différentes (menant souvent à la gravure en couleur), ou encore : de nombreuses " cuisines " sont la résultantes de différentes réactions sur le vernis soit en faisant des empreintes, soit en travaillant au sucre, ou encore en cherchant des effets avec des produits divers qui créent des matières inattendues sur le vernis passé sur la plaque.



En bref, il s'agit là de toute une orchestration de la part de l'artsite qu'il faut très bien contrôler, car nous sommes devant un véritable métier. Cela veut dire que les apparences de spontannéité ou de simplicité sont très souvent l'expression d'une grande maîtrise.

L'eau forte peut être réalisée et conçue pour la couleur. Seghers, le maître de Rembrandt, a été le premier à l'exprimer (souvent il réhaussait ses gravures d'aquarelle). Mais la difficulté de la gravure consiste à ne pas faire de coloriage et à garder à l'estampe toute sa force ; en effet, la couleur a tendance à trahir les valeurs et parfois à inverser l'espace. En général une eau-forte en couleur se conçoit en deux ou trois plaques.

Mais il existe aussi une technique récente, où des passages successifs de rouleaux se font sur une seule plaque. Toujours sur une seule plaque, on peut réaliser différents encrages au tampon : Cela représente un tirage long et difficile. En effet, il ne faut pas oublier que le principe même d'une estampe est un multiple conçu en général pour être tiré à une centaine d'exemplaire (bien que certains graveurs s'en tiennent à des tirages plus limités).

Je souhaite que cette techniques hors des modes et de plus en plus hors du temps, fasse encore la joie de nombreux artistes et de nombreux amateurs.

Joëlle Serve, peintre graveur.                                         Retour à la page précédente